RacineS, création pour DanseHabile au Musée d'ethnographie à Genève, les 2, 3, 4 novembre 2017 à 19h

 

Le spectateur tel un explorateur est invité à se déplacer d’un étage à l’autre du musée afin d’y découvrir 4 installations chorégraphiques construites sur le thème de l’identité pour permettre une réflexion sensible sur le soi et l’autre. Le projet implique des danseurs adultes avec handicap de la compagnie dansehabile et des adolescentes du Groupe Jeunes Danseurs du Projet H107.


Lieu : Musée d'ethnographie, Boulevard Carl-Vogt 65,67, 1205 Genève


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Équipe de création

Chorégraphe : Manon Hotte

Assistante à la création : Marion Baeriswyl

Créatrice son : Marie Schwab

Créatrice costume : Irene Schlatter et Mara Krastina

Danseurs dansehabile : Taïs Dutra, Luca Formica, Maud Leibundgut, Niels Vossenberg

Groupe Jeunes Danseurs du Projet H107 : Jeanne Assal, Alice Besson, Emilie Cupelin, Garance Fischer, China Leresche, Emma Lee Harder, Lisa Lua Harder, Valérie Rossier

Enfants figurants de dansehabile – Lucile Riom

Coordinatrice dansehabile : Yoko Miyata

Encadrante Groupe jeunes danseurs du Projet H107 : Aïcha El Fishawy

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NOTE D'INTENTION DE LA CHOREGRAPHE

Ayant une expérience dans le domaine de la création interdiciplinaire performative et plus spécifiquement celle menée avec des enfants et adolescents danseurs, lorsque dansehabile m’a proposé de réaliser une création chorégraphique pour leur compagnie, l’idée m’est venu assez naturellement de travailler sur le point de rencontre entre des danseurs en situation d’handicap et des jeunes danseurs sans handicap.

Les danseurs de dansehabile apportent leur lot d’expériences de vie et de scène. Certains sont en chaise, d’autres présentent des retards intellectuels. J’ai choisi de les mettre en contact avec le Groupe Jeunes Danseurs du Projet H107 parce que ces jeunes ont un esprit ouvert et une expérience de la création chorégraphique et interdisciplinaire. L’interaction entre ces deux groupes valorise l’approche intergénérationnelle de cette création.

A partir de cette rencontre, je propose d’ouvrir un champs d’exploration sur un sujet universel tel que celui de l’identité, afin de permettre une réflexion sensible sur le soi et l’autre. Faire cohabiter le monde de l’enfance avec celui de l’adulte et aborder de manière authentique les notions de l’habilité, de l’inhabilité tant du point de vue physique, intellectuel, culturel qu’ethnique.

C’est pourquoi je propose le musée d’ethnographie de Genève comme lieu d’exploration, de création et de présentation. Ce musée détient des trésors ethnographiques sur lesquels nous pouvons nous appuyer pour fabriquer de la matière chorégraphique autour de l'identité. De plus son architecture originale et novatrice invite à en explorer tous les secrets.

L’objet est le point de départ, comme substence maléable, transformable, identitaire tels ceux à tendences ethnographiques, issus de la collection permanente du musée _bois, coquillage, pierre, ustensils, accessoirs, statuettes à mettre en perspective avec des objets personnels à tendences affectives, apportés par les danseurs _ photos, grigris, doudous, écrits, souvenirs.

Le geste dansé naît du prolongement de l’objet par le corps dans l’espace et le temps. Un geste juste et intégré basé sur la transmission des connaissances et le partage des histoires personnelles. Un geste simple, poétique, revendicateur, rassembleur pour danser les réalités de la vie_ celles de l’adulte ou de l’enfant avec ou sans handicap, sans hiérarchie.

Le son sert de raliement aux origines. Je propose de puiser dans les archives du musée et celles des familles des interprètes pour créer une banque de données sonores évoquants autant les éléments (mer, vent, crépitements) que des chants traditionnels ou un hit mémorable chargé sur un Ipod. En extraire une bande son subtile, tout en finesse, le temps d’une danse, d’une rencontre, d’un questionnement, d’un rêve. J’ai proposé à la musicienne Marie Schwab, de concevoir pour ce projet une bande son originale.

La forme de présentation est celle de l’installation chorégraphique in situ. Elle est constituée de quatre petites formations, solos, duos, trios, présentées telles des aires, des nids, des autels, des foyers réparties dans les salles du musée. L’idée est d’investir le milieu muséal sans avoir recours à des supports techniques extérieurs sauf pour la diffusion du son.

Le costume se veut simple dans sa forme et naturel dans sa matière. Chaque formation se verra attribuer une couleur choisie en fonction du lieu investi et du propos traité. La couleur sert ici de code signalitique pour identifier là où il se passe quelque chose. La création des costumes sera assumé par la styliste et costumière Irene Schlatter

Le spectateur tel un pexplorateur est invité a se déplacer d’une aire à l’autre, d’un étage à l’autre. Il lui sera proposé différents emplacements d’observation afin de lui permettre de participer également à la structuration de l’espace de jeu. Ainsi danseurs et spectateurs vivent une expérience artistique dans un espace relié aux mémoires et histoires collectives, pour regarder le monde de manière intime.

J’utilise comme méthode de travail, la collecte d’interviews effectués auprès des danseurs sur le sujet de l’identité afin de valoriser la diversité culturelle au sein du groupe. La collecte d’objets personnels mettant en exergue l’histoire de chacun (images, sons, objets) et qui serviront de déclencheurs de mouvements et à la définition de l’espace des aires de jeu. L’observation de pièces muséales choisies en conivence avec l’équipe de médiation du musée pour ouvrir nos regards au delà de leur portée. L’étude de certaines de mes pièces chorégraphiques menées avec des enfants sur le thème de l’identité afin de développer une nouvelle approche dans le cadre de l’intergénérationnel et de la différence. La transposition des données de mouvements pour permettre le dialogue entre les différences corporelles et intellectuelles des interprètes. Chercher dans cette différence le trouble, le familier, l’exceptionnel.

C’est donc avec joie et émotion que j’entreprends cette collaboration avec les équipes de dansehabile, du Musée d’ethnographie de Genève et du Projet H107 pour la réalisation de ce projet à la fois intime et universel. 

 

Communiqué de presse

Dossier de presse

Crédit photo_Marc Vanappelghem

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